L’histoire de l’Eglise de Maureilhan

Recherche historique effectuée par J. Colombié – Maureilhan -

Construite en 1838, l’église actuelle est la troisième église de Maureilhan. La première, détruite à la fin du dix-septième siècle, était à l’entrée du cimetière actuel. La seconde église, sur cet emplacement même, a une vie très courte : 1694/1838. Elle fut rasée pour laisser la place à l’église actuelle.

Lorsque le visiteur, ou le croyant pénètre dans l’église (entrée à l’ouest), la nef centrale, devant lui, constitue la partie agrandie de l’ancienne église. Le chœur (a l’est) n’étant qu’une extension de cette église première. Arrivé au transept, vous êtes au centre de l’église, dans une disposition des lieux chère aux bénédictins, qui s’inspiraient de la croix du Christ dans les plans de leurs édifices.

En effet, là apparait, malgré le bouleversement des plans, la vieille église, qui elle, était orientée entrée au nord (chapelle des fonds baptismaux). Au sud, donc à l’opposé (chapelle de la vierge), était le chœur. On remarque bien sur, l’exiguïté de cette première église « dans les murs ». Mais cela s’explique de par le fait qu’en 1694, le village, qui comptait 55 maisons, n’était peuplé que de 240 habitants environ.

Dès que l’on entre dans église, on est frappé par le décor grandiose du chœur et par l’étrange présence de ses cariatides (ou atlantes), qui au nombre de 14, imposent en ces lieux le respect et l’admiration. L’ensemble est classé.

Toujours dans le chœur cinq grandes toiles de maîtres (classées depuis 2005), soulignent la majesté du lieu. Deux sont dues au peintre biterrois Déjean. Elles ont été peintes entre 1835 et 1838. L’autre grande toile (la conversion de Marie Madeleine, sur le coté gauche du chœur) est due au grand peintre montpelliérain Etienne Loys décédé en 1788, qui était un spécialiste des peintures religieuses. Cette toile est donc une peinture du dix-huitième siècle.

Les deux toiles représentant Saint Jean l’apôtre et Saint Gérôme (ou Saint marc) ont été réalisées par des peintres inconnus à ce jour (probablement E. Loys)

Enfin toujours dans le chœur, le bel autel en marbres polychrome, acheté en 1840 mais d’origine inconnue, et probablement plus ancien que la date d’édification de l’église. Actuellement classé, il a été entièrement restauré en 2006.

Dans la chapelle de gauche les fonds baptismaux (classés depuis 2005) sont composés de deux parties bien distinctes:

- d’une part la très belle cuve baptismale, en marbre du pays (Caunes Minervois), relevée par une très belle enfilade de godrons et par sa réserve d’eau assortie; la réalisation et le motif choisis sont caractéristiques du dix-neuvième siècle,

- d’autre part le pied de ces fonds baptismaux, d’une origine différente et inconnue, avec une très belle décoration de mascarons qui représentent eux aussi, tout comme les cariatides un étrange décor pour une église, car représentants de la mythologie païenne pour les uns, grecque pour les autres.

Tout à coté des fonds baptismaux, la chaire (également classée) qui a une histoire bien particulière car elle fut achetée en 1793 par la municipalité dans une vente de biens nationaux. Selon le Père Vincent (prêtre de la paroisse de 1962 à 2000), elle proviendrait de l’église Saint Jacques de Béziers, information donnée sous réserves, car aux archives de l’Hérault, aucune indication d’origine ne figure sur ce bien, acquis au district de Béziers pour une somme de 373 francs. La chaire en bois de chêne pour partie, est remarquable au niveau des sculptures qui composent sa décoration.

Dans l’autre chapelle, sur le coté droit, dans ce qui était le chœur de la première église, et qui est devenu la chapelle de la Vierge, on remarque un joli autel qui a été acheté en 1841 plus cher que l’autel majeur.

On remarque surtout dans les deux chapelles la restauration des peintures murales qui apportent, dans un édifice qui a tant besoin de restauration une indéniable touche de fraicheur.